La Communauté Urba a réuni un nouveau groupe de travail consacré aux référentiels communs de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelle, avec un focus particulier sur l’apprentissage.
Cette séance poursuivait deux objectifs complémentaires. Le premier consistait à partager les premiers travaux réalisés à la suite de l’atelier d’octobre sur la cartographie des codes mobilisés dans l’écosystème de l’apprentissage. Le second visait à ouvrir un chantier collectif sur les irritants liés à l’articulation entre le RNCP et le CFD, à partir d’un premier document de travail produit par plusieurs membres du groupe.
Au fil des échanges, un même fil conducteur s’est confirmé : mieux documenter les objets manipulés par chacun, clarifier les notions, partager les usages réels, et construire progressivement des ressources communes utiles à tous.
De la “cartographie des référentiels” à la cartographie des codes
La première partie de l’atelier a permis de revenir sur les travaux engagés à l’issue de la séance du 15 octobre, qui avait réuni une trentaine de participants issus de plusieurs structures concernées par l’apprentissage.
L’un des apports majeurs de ce travail de reprise est une clarification importante : il ne s’agit pas seulement de parler de “référentiels”, mais plus précisément de cartographier des codes. Cette distinction, apparue lors des échanges du groupe, n’est pas un simple détail de vocabulaire. Elle a des conséquences directes sur le périmètre du travail, sur la manière de modéliser les éléments, et sur les objets à retenir dans la cartographie.
Pour rendre ce cadre plus lisible, un travail de formalisation a été engagé autour de plusieurs notions clés : code, référentiel, jeu de données, table de passage, ainsi que les règles à retenir pour leur représentation dans la cartographie. L’objectif est de disposer d’une base commune de compréhension, partagée par l’ensemble du groupe.
Un périmètre clarifié pour mieux construire la cartographie
À partir de cette première doctrine, un choix a été posé : concentrer le travail, dans un premier temps, sur les codes eux-mêmes et sur leurs sources initiales.
Cela a conduit à sortir du périmètre immédiat certains éléments évoqués lors de l’atelier d’octobre, comme par exemple des catalogues, des jeux de données ou des tables de passage. Ces objets ne disparaissent pas des réflexions du groupe, mais ils ne sont pas retenus à ce stade comme unités centrales de la cartographie.
Le travail présenté a également permis de repositionner les codes dans les grands ensembles métiers identifiés collectivement :
le bloc certification,
le bloc établissement,
le bloc employeur / branche.
Pour chacun d’eux, une première identification des producteurs, responsables et sources a été menée. Cette base reste ouverte à la relecture et à l’enrichissement collectif.
Une cartographie interactive pensée comme un commun de travail
L’un des temps forts de la séance a été la présentation d’une première cartographie interactive, construite à partir des schémas réalisés lors de l’atelier précédent.
Cette visualisation permet de filtrer les codes selon différents blocs d’usage, de représenter les relations entre eux, et d’accéder à des fiches descriptives associées. Un travail particulier a été mené sur la lisibilité graphique, avec une distinction entre identifiants, codes, relations directes et correspondances partielles.
L’objectif n’est pas seulement de montrer une représentation “finie”, mais bien de mettre à disposition un support commun de travail, destiné à évoluer avec les contributions du groupe. Les participants pourront relire, commenter, corriger et compléter les fiches ou les relations représentées. Une fois consolidée, cette cartographie a vocation à être publiée sur le site LHÉO afin d’être partagée plus largement.
Une logique pleinement contributive
Les échanges ont confirmé la volonté de faire de ces documents des ressources construites collectivement, dans une logique de contribution ouverte.
Les participants sont ainsi invités à intervenir directement dans les documents partagés, que ce soit par commentaire ou par ajout dans le corps des fiches. Cette méthode doit permettre de faire apparaître les nuances, les désaccords éventuels, les corrections nécessaires et les compléments utiles.
Un premier exemple a d’ailleurs illustré cette dynamique pendant l’atelier, autour de la qualification de certains objets comme “code” ou non. Ce type de discussion montre tout l’intérêt du dispositif : progresser ensemble vers une représentation plus juste, plus claire et plus partagée.
🛠️ Comment contribuer à la cartographie ?
La cartographie des codes de l’apprentissage est un travail collectif ouvert : chacun peut la relire, la corriger et l’enrichir. Pour faciliter les contributions, un guide est mis à disposition :
Vous y trouverez : les principes de la cartographie, les règles de contribution, les bonnes pratiques pour commenter ou compléter, et les éléments de méthode pour garantir une cohérence d’ensemble.
💡 Que vous soyez expert métier, utilisateur des données ou acteur SI, votre contribution est utile pour améliorer la qualité et la pertinence de cette cartographie
Un rendez-vous mensuel pour faire vivre la cartographie
Pour accompagner ces travaux dans la durée, le groupe a validé la mise en place d’un rituel mensuel. Ce temps régulier permettra de suivre l’évolution de la cartographie, d’examiner les contributions, de trancher collectivement les points de discussion et de poursuivre la structuration des travaux engagés autour de l’apprentissage.
Le principe retenu est celui d’un rendez-vous mensuel, sur le même créneau, afin de donner de la continuité au travail collectif sans alourdir le rythme.
RNCP et CFD : un second chantier centré sur les usages, les contrôles et les irritants
La seconde partie de l’atelier a porté sur un autre sujet structurant pour l’écosystème : le lien entre le RNCP et le CFD.
À partir de travaux engagés à la suite d’échanges antérieurs, un premier document partagé a été présenté au groupe. Ce document vise à poser un cadre commun sur :
les usages de ces deux données dans la chaîne de l’apprentissage,
les moments où elles interviennent,
les contrôles qui leur sont associés,
les irritants qu’elles peuvent générer,
et les premières pistes de solution envisagées.
Ce document a été pensé comme un support vivant, encore en cours de maturation, destiné à être enrichi par l’ensemble des parties prenantes.
Mieux documenter la chaîne d’usage de ces deux données
Le travail présenté propose une première lecture des mobilisations du RNCP et du CFD dans différents contextes : collecte de l’offre, exposition des données, instruction par les ministères éducatifs, contrôles, financement, observation et exploitation a posteriori.
Il comprend également une première base de définitions, de rôles et de points de contrôle. Plusieurs participants ont rappelé l’intérêt de poursuivre cet effort de documentation, notamment pour rendre explicites des notions qui ne sont pas également familières à tous selon les métiers représentés dans le groupe.
Dans le même esprit, un besoin de lexique partagé a été souligné, afin de faciliter la compréhension mutuelle entre acteurs aux pratiques différentes.
Des impacts concrets sur la visibilité et la fluidité des processus
L’un des apports importants de ce chantier est de partir des usages concrets pour mettre en évidence les effets réels des irritants.
Parmi les situations évoquées, l’absence de certaines informations, notamment du côté du CFD, peut entraîner le blocage d’offres de formation pourtant recevables sur le plan réglementaire du point de vue RNCP. Ces blocages ont ensuite des effets en chaîne sur leur visibilité dans les catalogues et sur leur reprise par différents outils ou services.
Le groupe souhaite ainsi documenter non seulement les irritants eux-mêmes, mais aussi leurs conséquences opérationnelles, en s’appuyant autant que possible sur des éléments factuels et chiffrés. Cette objectivation est importante pour qualifier les problèmes, mesurer les impacts et mieux apprécier l’intérêt des solutions qui pourraient être retenues.
Des pistes à expertiser collectivement
Plusieurs pistes ont été évoquées pendant l’atelier. Certaines portent sur une meilleure circulation de l’information autour des renouvellements, afin de limiter certains effets de bord. D’autres relèvent davantage de la sensibilisation ou de la formalisation de repères communs pour mieux comprendre les impacts qu’un décalage de calendrier peut avoir sur l’ensemble de la chaîne.
À ce stade, aucune solution n’est considérée comme stabilisée. Le groupe a au contraire insisté sur la nécessité de poursuivre le travail collectif pour tester la pertinence réelle des pistes évoquées et ne pas s’engager trop vite dans des directions qui resteraient inopérantes ou inadaptées.
Associer France compétences au bon moment
Les échanges ont également fait ressortir le besoin d’associer France compétences sur certains aspects du sujet, en particulier lorsqu’il s’agit des renouvellements, des contraintes réglementaires, des temporalités d’instruction ou des marges de manœuvre sur l’information pouvant être partagée en amont.
Plusieurs participants ont toutefois souligné qu’il était préférable d’attendre un niveau de maturité suffisant du document avant de les solliciter plus formellement. L’idée qui se dégage est donc de laisser au groupe le temps de compléter et de consolider ce premier matériau, avant d’organiser un échange plus ciblé permettant de confronter les constats et les pistes de travail aux contraintes du cadre existant.
Les prochaines étapes
À l’issue de l’atelier, plusieurs suites ont été actées :
le partage d’une restitution de la séance et des différents supports de travail ;
la mise à disposition du fichier HTML de la cartographie pour permettre à chacun de la consulter et de la relire ;
la poursuite des contributions sur les documents partagés ;
l’installation d’un rendez-vous mensuel pour suivre les travaux dans la durée ;
la consolidation progressive du document sur le lien RNCP-CFD en vue d’un prochain temps d’échange.
Au-delà des deux sujets abordés, un appel a également été lancé aux participants pour faire remonter d’autres thèmes qu’ils souhaiteraient voir traités dans le cadre du groupe de travail apprentissage.
Construire ensemble des repères communs
Cette séance a confirmé l’intérêt de disposer d’espaces de travail où les acteurs peuvent confronter leurs pratiques, clarifier leurs notions, partager leurs contraintes et construire des ressources communes.
Qu’il s’agisse de cartographier les codes de l’apprentissage ou de mieux comprendre les effets de l’articulation entre RNCP et CFD, la démarche engagée repose sur une conviction simple : c’est en documentant collectivement les objets, les relations et les usages que l’on peut, progressivement, rendre l’écosystème plus lisible, plus robuste et plus partagé.